vendredi 27 avril 2012

Faut-il se soucier des conséquences de ses actes?

Sujet retravaillé, 14-05-2018

Introduction
Auguste Comte cite, pour résumer la morale chevaleresque du Moyen Age, la devise du chevalier Bayard: "Fais ce que dois, advienne que pourra". Contente toi de faire ton devoir sans te soucier des conséquences de tes actes. L’essentiel de la moralité consisterait à avoir sa conscience pour soi , quels que soient les résultats effectifs de la conduite adoptée. La maxime (règle) est pourtant suspecte. Il n'est pas non plus possible de faire totalement abstraction des conséquences de ce que nous faisons déjà par le fait que nous nous rendrions très vite complices d'actes criminels par ce biais. C'est pour donner un exemple religieux, Ponce Pilate se lavant les mains du sang de Jésus en le livrant à ses persécuteurs alors qu'il ne l'estime coupable de rien par ailleurs: la légalité et son devoir d’homme d'État le couvrent. Beaucoup plus proche de nous, c’est le cas, parmi des milliers d'autres, de l’Obersturmbannführer  Eichmann chargé d'organiser bureaucratiquement la logistique des convois de chemin de fer vers les camps d'extermination nazis pendant la Seconde guerre mondiale. Lors de son procès, il ne cessait de répéter qu'il n'avait fait rien de plus que son devoir de fonctionnaire. Visiblement, se contenter de faire son devoir sans prendre en compte les conséquences risque de mener à des catastrophes. La difficulté, c'est qu'il est difficile d'évaluer les conséquences précises de nos actes. On pense, par exemple, à Albert Einstein qui aurait déclaré, en parlant du largage de la bombe atomique sur Hiroshima, que s’il avait su que ses travaux déboucheraient sur cela, il se serait fait plombier! C’est pourquoi le dicton populaire dit aussi que "les chemins de l’enfer sont pavés de bonnes intentions". Les résultats de nos actes peuvent être diamétralement opposés à nos intentions. Le problème peut donc se formuler ainsi: il semble que l'on ne peut en rester à une pure morale du devoir qui laisserait de côté les conséquences de nos actes, le tout étant alors de savoir s'il est possible d'anticiper celles-ci avec certitude.
La démarche est simple à mettre en place à partir de là:
1) Raisonnement fondant la thèse: la morale du devoir.
2) Critique de la thèse.
3) Rectification de la thèse de départ en montrant la nécessité d'intégrer le souci des conséquences dans toute éthique digne de ce nom.
4) Cet impératif est d'autant plus absolu  à une époque comme la nôtre où nous pouvons désormais déclencher des processus qui ont des répercussions planétaires incalculables (le réchauffement climatique par exemple...)

lundi 2 avril 2012

Faut-il vivre avec son temps?

Introduction
Le sens de ce sujet est d’exposer et de mettre en question l’opinion commune qui proclame qu’il faut vivre avec son temps. Le défaut majeur de beaucoup de copies a été (et c’est hélas un triste symptôme de notre temps!) de totalement dépolitiser le traitement du sujet alors qu’il pose indissociablement un problème politique et éthique (moral) essentiel. Le tour de passe passe pour dépolitiser le sujet a consisté à prendre l’expression "vivre avec son temps" en un sens spécieux l’identifiant au Carpe diem d’une éthique de type hédoniste: vivre l’instant présent. Or, quand on parle de "vivre avec son temps", on veut dire autre chose dont il est impossible de ne pas voir immédiatement la dimension politique: vivre avec son temps, c’est accepter l’ordre social tel qu’il est établi sans le mettre en question et définir comme règle de vie (=éthique) de simplement chercher à s’y adapter.  Mais, il était essentiel de voir, pour commencer à problématiser cette opinion commune, que le grand apport que nous avons hérité de la démocratie grecque de l'antiquité réside dans la capacité à débattre et décider ensemble  des règles qui nous gouvernent et de les modifier, le cas échéant, s' elle s'avéraient ne pas convenir. On n'est plus du tout dans une logique d'adaptation à son temps ici. Et  le monde moderne avait fait un pas de plus en mettant en question, non plus seulement les lois (le droit) mais l'ensemble des  institutions de la société, comme l'esclavage, le patriarcat, le salariat, etc. Une société vraiment démocratique en est une là où les lois et les institutions de la société dont nous héritons commencent à être mises en question de façon lucide et réfléchie par les individus : l’ordre social tel qu’il est institué est-il juste? Faut-il le transformer? Et si oui, en quel sens? Puis-je simplement me contenter de m’adapter à l’ordre existant quand il m’apparait qu'il rejette un milliard d’individus sur la planète dans la famine alors même que l'énorme machine productive de la techno science génère un gaspillage monstre? Quand il implique la destruction de notre écosystème et menace les conditions de survie de l'humanité sur terre?

Etre libre, est-ce faire ce qui nous plaît?

Sujet retravaillé, 09-05-2018

Introduction
Pour poser le problème.
La thèse (oui la liberté c'est...) ici est celle de l'opinion courante sur la liberté que l'écrasante majorité des élèves ont dans la tête. Celle-ci conduit pourtant très vite à des impasses et des contradictions dès lors que l'on commence à l'examiner: le drogué, dès lors qu'il dispose des moyens, est-il libre de prendre sa dose tous les jours, qui l'entretient dans sa dépendance alors même qu'elle lui procure tout le plaisir qu'il souhaite? "Faire ce qui nous plaît" sans limite  ne constitue-t-il pas un phantasme qui s'enracine dans les traits les plus infantiles de la psyché (âme) humaine et que toute société se doit de rectifier sous peine de plus pouvoir fonctionner tout simplement? Le problème est alors de déterminer dans quelle mesure la nécessaire institution de la loi peut se concilier avec les exigences pulsionnelles de la vie psychique de notre inconscient fondées sur le principe de plaisir?
Démarche: on part de l'opinion courante pour la soumettre à la critique puis la rectifier en  montrant qu'elle en reste à un stade tout à fait infantile de compréhension de la liberté. Pour autant, il ne s'agira pas de renoncer au principe de plaisir mais de montrer que finalement la capacité à faire ce qui nous plaît n'est viable socialement comme concept de la liberté que si elle a pour condition la sublimation de la vie psychique des individus, c'est-à-dire, l'élévation du plaisir à un niveau supérieur qui fait que l'individu peut parvenir à investir affectivement des activités culturelles comme le sport, l'art, la philosophie, la science, la spiritualité, etc., pour trouver son plaisir en leur domaine suivant ses dispositions.