Le jardin des délices. J. Bosch

jeudi 16 février 2012

6) Les contraintes invisibles qui pèsent sur la pensée. Conclusion

Trois conditions au scénario totalitaire
Cet aveuglement idéologique est déjà ce qui horrifiait  Orwell en son temps car il y voyait à l'oeuvre des tendances totalitaires qui menacent de destruction la notion même de vérité objective, c'est-à-dire le principe voulant qu'il existe des faits qui décident de la vérité ou de la fausseté de ce que nous disons, faits qui ne dépendent pas de nous. De ces faits au sens où Clémenceau en parlait lorsqu'on lui demandait ce que les historiens futurs penseront des responsabilités quant au déclenchement de la Première Guerre mondiale:"ça, je n'en sais rien, mais ce dont je suis sûr, c'est qu'ils ne diront pas que la Belgique a envahi l'Allemagne."(cité par H. Arendt, Vérité et politique, dans La crise de la culture, éditions folio/essais, p. 304)

lundi 13 février 2012

5) Les contraintes invisibles qui pèsent sur la pensée: le filtre de l'anticommunisme

Le dernier vecteur de dénaturation des témoignages qu'on étudiera ici est de nature idéologique et tient à certaines préconceptions intériorisées profondément en fonction desquelles les journalistes sélectionneront les faits dignes d'intérêt. Comme le disait un intellectuel comme W. Lippman pour qui le travail de formatage de l'opinion des masses était indispensable au fonctionnement d'une "démocratie bien huilée": "On nous a parlé du monde avant de nous le laisser voir. Nous imaginons avant d'expérimenter. Et ces préconceptions commandent le processus de perception."

samedi 11 février 2012

4) Les contraintes invisibles qui pèsent sur la pensée: la cooptation des experts


Enfin, la dénaturation des témoignages s'exerçant par le filtre des sources d'information sera garantie par le biais de la cooptation des experts qui permettra de conjurer la menace que représente pour les puissantes  administrations d'Etat ou les grandes corporations privées, l'existence de sources respectables d'informations qui donneraient à traiter le "mouton" sous un autre angle qui ne serait pas conforme à leurs intérêts. Comme le soulignent Chomsky et Herman,"[la] prédominance des sources officielles demeurent vulnérable face à l'existence de sources non officielles extrêmement respectables qui délivrent des points de vue dissidents avec une grande autorité. Le problème est contrôlé grâce à "la cooptation des experts"- c'est-à-dire en les rémunérant comme consultants, en finançant leurs recherches, en organisant des think tanks qui les emploieront directement ou aideront à diffuser leur message. De la sorte, on peut créer des biais structurels en orientant la mise à disposition d'experts dans la direction souhaitée par les autorités et le "marché"." (FDC, p. 62) Autrement dit, la "cooptation des experts" consiste à financer les travaux de scientifiques pour qu'ils orientent leur recherche dans un  sens favorable à ces sources de financement et qu'ils en fassent abondamment la promotion dans les MMC. Ici encore, on voit comment les pénalités économiques conditionnent la possibililité d'une dénaturation des témoignages en vérouillant les possibilités d'accès aux MMC de sources alternatives d'information et comment aussi elles tendent à corrompre la recherche de la vérité dans le champ des sciences en les instrumentalisant au service du pouvoir. On retrouve ici le cas typique de pénalités économiques que Russell avait eu à subir: l'expression de certaines opinions qui iraient contre les  intérêts de ces sources de financement auront  tendance à faire l'objet d'une auto censure de la part de celui qui en dépend pour sa subsistance matérielle.
Il fallait ici penser pour illustrer par l'exemple ce mécanisme au cas de ce climatologue Patrick Michaels, professeur à l'Université de Virginie monopolisant les plateaux de télé des grandes chaînes de télé américaines pour marteler l'idée que le réchauffement climatique  n'est qu'une légende urbaine et dont les travaux et la carrière s'avèrent, en réalité,  financés par le lobby de gigantesques groupes pétroliers comme Exxon qui ont tout intérêt à minimiser les effets nocifs des rejets de carbone dont l'industrie du pétrole est responsable!
Cf. le documentaire video Chomsky et cie.


Les propos de cet expert sont ainsi à mettre en relation avec les données comme celles de l'OMM (Organisation Météorologique Mondiale) selon lesquelles "la décennie 2001-2010 est la plus chaude jamais enregistrée depuis le début des observations météorologiques, en 1850." (source Météo France. Voir aussi cet cet article très révélateur de la distorsion entre les débats dans la communauté scientifique et leur répercussion dans les médias). C'est ce qui peut expliquer en bonne partie pourquoi le consensus existant au sein de la communauté scientifique sur le réchauffement climatique ne se répercute pas dans l'opinion publique:

Une administration d'Etat comme la CIA, dès les années 1960 avait compris toute l'importance du recrutement des experts, donnant à penser, par la même occasion, comment l'alphabétisation des populations peut être un instrument au service du pouvoir:"La CIA utilise actuellement plusieurs centaines d'universitaires américains (personnels administratifs, professeurs, doctorants chargés d'enseignement) qui non contents de donner des avis et d'organiser des rencontres pour les services de renseignements, écrivent des livres ou autres brochures à l'usage de la propagande américaine dans des pays étrangers [...]. En 1961, le responsable du Covert Action Staff de la CIA écrivait que les livres étaient "l'arme la plus importante de la propagande stratégique".'(souligné par moi) Le comité Church découvrit que, fin 1967, plus d'un millier de livres étaient fabriqués, subventionnés ou sponsorisés par la CIA." (H. Zinn, Une histoire populaire des États Unis, éditions Agone, p. 624)
En France, trois cas d'école montrent le mêmes mécanisme de dénaturation des témoignages à l'oeuvre. 


La cooptation des experts en France: trois cas d'école.
L'affaire de l'amiante
On sait que "l'amiante faisait 2000 à 3000 morts par an en France dans les années 1990 - époque où les industriels affirmaient encore qu'il y avait un doute sur sa dangerosité - et que les études prouvant sa dangerosité s'accumulaient depuis des décennies."  (R. Lenglet cité par Stauber et Rampton, L'industrie du mensonge, p. 306) Ces sources d'information  qui depuis longtemps déjà  accumulaient des données sur les dégâts pour la santé de l'amiante ont pu être écarté de l'attention du grand public par le mécanisme de la cooptation des experts. Comme le précise R. Lenglet qui a consacré un livre, L'affaire de l'amiante, à ce qui s'apparente à un crime de masse,"[depuis] les années 1970, les lobbystes de l'amiante ont pris soin de canaliser les journalistes curieux vers les "bonnes sources d'information" préparées pour les rassurer en les emballant dans des considérations techniques filandreuses." (ibid., p. 305) Ces "bonnes sources d'information" c'étaient, par exemple, les docteurs Champeix et Avril "qui, d'un côté, étaient rémunérés par les industriels, et, de l'autre, faisaient office d'experts auprès des autorités sanitaires." (ibid., p. 305) Ces "industriels" c'est, par exemple, une grande firme comme Saint -Gobain,qui, loin d'avoit été inquiété a ,au contraire, fait ses choux gras du marché de l'amiante d'une façon qui donne un petit aperçu du concept "d'Etat-Providence" au service des grandes corporations privées:"après avoit fait peu de cas de la santé des français en devenant le principal producteur d'amiante jusqu'en 1996, l'entreprise a abondamment profité  du marché du désamientage (via, en particulier, des contrats passés avec les pouvoirs publics, je précise, en sorte que le contribuable continue d'enrichir  une entreprise qui l'a empoisonné des années durant) puis... de sa subsitution par des fibres céramiques- dénoncées également par les toxicologues comme de puissants cancérogènes.[...][La direction de Saint-Gobain] sera -t-elle un jour l'un des principaux bénéficiaires du "décéramiquage"? En attendant, si elle s'est efforcée de faire oublier son rôle après l'interdiction de l'amiante, cela n'a pas empêché la multinationale de poursuivre le commerce du "magic mineral" dans les pays en voie de développement..."" (ibid., p. 307) Affaire à suivre...

L'affaire de la grippe H1N1
Le même mécanisme est à l'oeuvre dans le cas de cette seconde affaire. Ici aussi, l'ensemble des experts qui intervenaient dans les MMC et conseillaient la ministre de la santé étaient financés par l'industrie pharmaceutique qui a réalisé des profits colossaux en faisant acheter à l'Etat 90 millions de vaccins pour une épidémie qui s'est avérée, au bout du compte, moins dangereuse qu'une grippe saisonnière normale. La campagne de vaccination fera ainsi l'objet d'une inflation démesurée de publicité dans les MMC à grand renfort de  propos alarmistes,  d'appels au civisme, voir de menaces visant à semer la peur et à culpabiliser ceux qui rechigneraient à obéir. Par exemple, le recourt au terme "pandémie" était destiné  à effrayer alors que son emploi ne correspondait pas aux données scientifiques disponibles: "Dans plusieurs articles, nous avons vu que le terme de pandémie avait été modifié en début d’année par l’OMS et ne tient plus compte du nombre de cas graves ou de décès. On pourrait donc également dire qu’il y a une pandémie de rhumes chaque année." (Source: blog pharmacritique, témoignage d'un médecin libéral, gynécologue) L' intervention  de la ministre de la santé au journal de 20 h  martelant des propos alarmistes sans l'ombre d'un argument scientifique à l'appui allait dans le même sens:" si les gens ne se font pas vacciner, il va y avoir des morts " (même source) De la même façon les chiffres données par "les sources autorisées d'information" annonçaient " 65.000 morts pour la Grande-Bretagne, 30.000 en France, 90.000 aux Etats-Unis."
Citons à titre d'emblème de ces "sources autorisées d'information" le professeur A. Flahault, épidémiologiste, directeur de l'Ecole de hautes études en santé publique et conseiller des autorités sanitaires dont les propos alarmistes, a posteriori, rendent le son de la charlatanerie:"« Le pic de l'épidémie de grippe A se fera sentir "après l'été" et pourrait toucher "35 % de la population" [...]il pourrait y avoir 30.000 décès en France [...]. En janvier, il n'y aura plus que du H1N1 sur la terre, le reste aura été dégommé.[...] Chaque nation va décider de sa politique et cela ne va pas être triste, car il n'y aura pas de vaccins pour tout le monde". » Ce qui est une manière déguisée de dire: "il y a urgence , madame la ministre, il faut acheter ces vaccins pendant qu'il est encore temps..."
"Ces sources autorisées d'information" finiront de conjurer la menace de sources dissidentes qui donneraient à voir d'une toute autre perspective le "mouton-grippe H1N1" par une technique largement éprouvée qui consiste à les discréditer suivant le principe: s'attaquer au messager pour discréditer le message. Voyez, par exemple, en Espagne, le traitement réservé à une source dissidente d'information aussi respectable que  le professeur Joan Ramon Laporte (cf. suivant le même principe, la campagne de calomnies orchestrée en France contre Chomsky par les intellectuels attitrés des MMC)

Les experts ès économie
Les économistes qui monopolisent les MMC en France comme dans tous les grands pays riches  sont, pour ceux du moins  qui bénéficient d'une exposition médiatique maximale, en lien avec les grandes corporations privées. Or, ces liens n'apparaissent jamais dans  la façon dont ils sont présentés par les journalistes qui les invitent; on mettra plutôt en avant leur titres universitaires, gages de sérieux et de compétences ou leur fonction de conseil auprès des pouvoirs publics. Par exemple,Christian de Boissieu sera systématiquement présenté comme le président du Conseil économique d'analyse économique auprès du gouvernement. (pour un petit aperçu cf. à 12'20, dans ce reportage,Les économistes de garde de l'équipe de Là bas si j'y suis). Le public serait autrement méfiant sur la fiabilité d'un tel expert si on l'introduisait sur un plateau de télé ou de radio, ce qui n'est évidemment jamais le cas, avec ses fonctions multi cartes de:
"- Président du conseil scientifique de Coe-Rexecode, ainsi présenté sur leur site : Coe-Rexecode regroupe près de 80 entreprises, organisations professionnelles et administrations, représentant 400 milliards d’euros de chiffres d’affaires dans le secteur industriel et 1500 milliards d’euros dans le secteur bancaire. Parmi les membres de ce conseil, un ami : Jean-Hervé Lorenzi.
 "- Président de la Commission de contrôle des activités financières de la Principauté de Monaco (un authentique paradis fiscal, voir Le Monde du 19 septembre). No comment…
 - Membre du Conseil de surveillance de la banque Neuflize OBC.
 - Conseiller économique au sein d’un Hedge Fund (HDF Finance), mais aussi au Crédit agricole et chez Ernst & Young France
 - Membre du Comité des Établissements de Crédit et des entreprises d’investissement (CECEI),
 - Co-Président du Comité Scientifique de l’Institut Amadeus, think tank « indépendant » établi à Rabat, et dont la revue présente un éloge du libre échange et de l’OMC."
(cf. Les liaisons dangereuses de l'économiste dissident J. Gadrey qui n'aura pas, lui, les réseaux nécessaires pour intervenir à tout bout de champ dans les MMC) Si, de la même façon, on présentait J.H Lorenzi avec ses casquettes de
 "- De 1994 à 2000 Directeur Général adjoint, puis Directeur Général Délégué de Gras Savoye (assurances)
 - Depuis 2006 Président du Conseil de Surveillance de la Société Edmond de Rothschild Private Equity Partners
 - Depuis 2004 Membre du Conseil de Surveillance de la Compagnie Financière Saint-Honoré
 - Depuis 2000 Conseiller du Directoire de La Compagnie Financière Edmond de Rothschild
 - Membre du CA d’Eramet (groupe minier et métallurgique : manganèse, nickel, alliages), de GFI informatique, de BNP Paribas assurance (c’est décidément quelqu’un qui assure), de Pages Jaunes à France Telecom, mais aussi de Wanadoo et de l’association française des opérateurs mobiles…
 - Membre du conseil scientifique de COE Rexecode (voir rubrique De Boissieu)
 - Membre du comité d’audit du Crédit foncier
 - Membre du conseil de surveillance de la Fondation du risque (fondée par AGF, AXA, Groupama et la Société Générale)."
(Gadrey, même source)
Voilà qui donne un bon aperçu du pedigree caché de ces experts qui sont censés intervenir dans les MMC pour "éclairer" le grand public sur les questions économiques; l'"éclairer" au sens
où de Boissieu, en expert "lucide " et averti pouvait annoncer début 2008, quelques mois avant le crash financier "que les Etats-Unis ne devraient probablement pas connaître de récession
(« Je reste malgré tout relativement optimiste sur la croissance », disait-il à Cannes le 24 janvier)."
  ou encore, quand deux semaines avant le crash, le "clairvoyant" Patrick Artus, de la même clique, déclarait  dans la revue Challenge "que [la] crise des subprimes est dans le rétroviseur".(cité par Gadrey)
La plaisanterie va encore plus loin lorsque, pour se défendre, ces experts invoquent une intrusion intolérable dans leur vie privée, quand un petit malin comme Gadrey vient à mettre à jour
leur complète insertion dans les réseaux du big business!(cf. à 17'40, même source ) Car, on ne voit pas comment  ces individus pourraient ne pas développer des analyses allant dans le sens des intérêts de ces grandes corporations qui les rémunèrent grassement, qui leur offrent une position privilégiée dans la hiérarchie sociale et un réseau dense de relations dans le champ des MMC. Pour trouver un autre son de cloche, ici aussi, il faudra quitter le champ des MMC et faire, par soi-même, des recherches pour dénicher des sources alternatives d'information, qui, par exemple, tiraient  la sonnette d'alarme sur l'imminence d'un crash économique et qui plus généralement, développent une analyse économique qui sort du cadre idéologique dominant du "miracle du marché".( pour aller plus loin sur cette question et affiner l'analyse, cf. cette excellente réflexion  d'un expert dissident comme F. Lordon, Critique-des-medias-critique-dans-les-medias)

lundi 6 février 2012

3) Les contraintes invisibles qui pèsent sur la pensée: les filtres de l'actionnariat, de la publicité et des sources d'information

La dénaturation des témoignages par les filtres de l'actionnariat et de la publicité
Il y a un premier niveau où s’opère cette dénaturation qui saute tout de suite aux yeux et qui tient au filtre de l‘actionnariat; par exemple, TF1 appartenant à Bouygues, il est évident que le traitement de l’information sur TF1 sera orienté dans un sens favorable aux intérêts de Bouygues et , en règle général, du monde des affaires: il sera problématique d‘attendre de journalistes de TF1 qu‘ils fassent un travail d‘investigation sérieux, par exemple, sur les effets nocifs des téléphones portables tenant compte du fait que l‘actionnaire majoritaire de la chaîne investit massivement dans la téléphonie mobile; il en va ainsi de tous les M.M.C. Aux États-Unis, par exemple, on ne peut attendre de NBC qui appartient à General Electric dont le cœur du business est l’industrie du nucléaire, un traitement critique de l’information touchant le nucléaire!

2) Les contraintes invisibles qui pèsent sur la pensée: les filtres de l'actionnariat et de la publicité

2) Montrer comment la dénaturation des témoignages et les pénalités économiques opèrent dans le champ des M.M.C. (Mass Médias Communication)
Les M.M.C constituent un puissant vecteur de ce type de contraintes qui pèsent sur la pensée. On se servira du modèle de propagande de Chomsky/Herman tiré de  La fabrication du consentement (que j' abrégerai par "FDC" par la suite) pour le montrer. A la différence des systèmes totalitaires où la censure est personnalisée et centralisée par un appareil d’Etat, le filtrage de l’information dans les pays formellement démocratiques s’apparente à un mécanisme anonyme et quasi objectif de censure qui peut facilement laisser l’impression trompeuse que la pensée ne subit aucune contrainte. Ne pas apercevoir cela comme ne cessent d’y insister Chomsky et Herman c’est ne rien comprendre à la nature singulière des contraintes qui entravent la pensée libre dans les pays qui se glorifient d’être des "démocraties:"[…]les médias sont de puissantes et efficaces institutions idéologiques qui accomplissent une fonction de propagande au service du système grâce au mécanisme du marché, d’idées reçues intériorisées et d’autocensure, mais sans véritable coercition directe." ( Souligné par moi; FDC, p. 599) Voyons, dans le détail, comment un tel mécanisme opère et comment les pénalités économiques qui s’y exercent conditionnent une considérable dénaturation des témoignages.


1) Exercice: les contraintes invisibles qui pèsent sur la pensée: la dénaturation des témoignages et les pénalités économiques

Objet de l'exercice: à partir de l'étude de l'oeuvre choisie, Pensée libre et propagande officielle de Bertrand Russell, développer des outils d'analyse critiques pour régurgiter les habituelles fadaises qu'une Education Nationale tend à faire intérioriser aux individus et qui se résument dans la formule d'une naïveté confondante: "Nous sommes en démocratie et chacun est libre de penser ce qu'il veut."