Le jardin des délices. J. Bosch

samedi 26 mai 2018

4) Oeuvre choisie. Hannah Arendt, Réflexions sur la Révolution hongroise, épilogue: que reste-t-il de l'histoire des conseils?


1) Le totalitarisme
2) Le système des conseils
3) Les questions socioéconomiques

Notions du programme en jeu: la vérité, la liberté, le langage, la politique, la culture, le travail et la technique, le sujet

 Le mensonge total relativement à la Révolution hongroise de 1956
Avec le traitement médiatique par la gauche communiste de la Révolution hongroise de 1956, nous
 avons le type du mensonge total tel qu'il prend forme à notre époque. Comme je l'avais déjà signalé, c'est quelque chose qu'Orwell avait commencé à constater dès 1936, lorsqu'il était sur le terrain, en Espagne, aux côtés des anarcho-syndicalistes pour lutter contre le fascisme. Là, il s'était rendu compte pour la première fois de sa vie que ce que relataient les journalistes pouvait ne plus avoir aucun rapport avec la réalité, de près ou de loin.

lundi 14 mai 2018

3) Oeuvre choisie. Hannah Arendt, Réflexions sur la Révolution hongroise: les questions socioéconomiques

1) Le totalitarisme
2) Le système des conseils

Comme je l'avais annoncé, j'ai retravaillé de fond en comble ce qu'il convient mieux d'appeler l'aspect socioéconomique des choses. Je finirai prochainement par l'épilogue.

Notions du programme en jeu: la liberté, le travail, la technique, la politique, la société et l'Etat, la culture, l'histoire, les échanges, le désir

Socialisme ou barbarie
Il faut maintenant en venir à ce que Hannah Arendt a consciemment laissé de côté dans sa réflexion sur la Révolution hongroise de 1956 en se concentrant presque entièrement sur le seul aspect politique des choses. C'est là où son analyse mérite d'être sérieusement questionnée et complétée. En distinguant d'un côté les conseils révolutionnaires et de l'autre les conseils ouvriers pour ne retenir que les premiers, elle passe à la trappe tout l'aspect social économique des événements de Hongrie. C'est à cette question qu'elle laisse sans réponse qu'il va falloir s'atteler:"Nous devrons laisser sans réponse la question de savoir si les conseils peuvent exercer des fonctions économiques pour autant qu'elles diffèrent des fonctions politiques, s'il est possible, en d'autres termes, de faire marcher des usines dont les ouvriers seraient les dirigeants et les propriétaires." (Réflexions sur la Révolution hongroise, Les origines du totalitarisme, p. 921-922)

mercredi 9 mai 2018

4) Introduction au problème central de l'histoire sociale des temps modernes: la toxicité de Facebook et autres réseaux numériques de même farine

Mise à jour, 02-06-20

Notions du programme en jeu: la culture, la technique et le travail, les échanges, le sujet, la liberté

La thèse qui nous guidera ici, qui est aussi celle que soutient aujourd'hui un philosophe comme B. Stiegler, consistera à soutenir que les nouveaux dispositifs  de l'informatique rentrent dans la catégorie de ce que les Grecs anciens appelaient le pharmakon (qui a donné "pharmacie"), quelque chose qui est, à la fois, potentiellement, un poison ou un remède. Tout l'art de celui qui sait bien tirer parti d'un pharmakon consistera à neutraliser le poison pour en extraire le remède. Appliqué aux dispositifs de l'informatique, cela signifie qu'ils renferment un potentiel d'émancipation pour l'humanité (d'une ampleur sans doute encore supérieure à l'invention de l'imprimerie) mais à la seule et unique condition de savoir désamorcer ce qu'ils ont aussi de terriblement toxique.

mardi 8 mai 2018

1) Les régimes de la mobilisation dans le salariat. Résistances: l'anti marchandise de la perruque ouvrière

Notions du programme en jeu: la culture, le travail et la technique, l'art, le temps, la liberté, la politique, l'Etat et la société, la justice et le droit

Si la science a découvert de l'antimatière dans le domaine de l'astrophysique, on peut dire que nous tenons, avec la perruque ouvrière, son équivalent dans le domaine social humain: elle a toutes les propriétés d'une antimarchandise.
Commençons par une définition de base. La perruque ouvrière est une métaphore empruntée au domaine de la coiffure pour signifier un détournement de la production réglementaire en entreprise qui la subvertit. Si ma perruque est bien faite, tu n'y verras que du feu. C'est  bien ce sens du trompe l'oeil qui a été récupéré par les traditions de luttes ouvrières au sein de l'entreprise pour désigner " l'utilisation de matériaux et d'outils par un travailleur sur le lieu de l'entreprise, pendant le temps de travail, dans le but de fabriquer ou transformer un objet en dehors de la production réglementaire de l'entreprise." (Robert Kosmann, Perruque et bricole ouvrier) La perruque est aussi vieille que le salariat lui-même. La résistance qu'elle exprime est consubstantielle avec cette nouvelle forme de l’organisation de la production qui dépossède le producteur de sa propre activité, ce qu'en terme marxien, on appelle l'aliénation du travailleur: ce qui est son oeuvre propre lui apparaît comme étranger. Les deux ordonnances de Colbert, ministre de Louis XIV, édictées entre 1674 et 1689, pour interdire la production en perruque d'embarcations dans les arsenaux de l'Etat l’attestent bien:"Il ne sera entretenu dans le port que le nombre de chaloupes et canots ordonnés par sa majesté."(ibid)