Le jardin des délices. J. Bosch

lundi 27 septembre 2010

Comparaison démocratie moderne/grecque d'après Cornelius Castoriadis

Tiré de Le "germe grec" de l'autonomie démocratique chez Cornelius Castoriadis par S. Vibert, pp. 26-27


I 12 points de comparaison à l'avantage de la démocratie grecque.

1)démocratie directe et populaire (contre représentation élective de type oligarchique).
2)participation du corps politique aux affaires communes (contre existence d’un État bureaucratique qui multiplie des normes arbitraires et incompréhensibles).
3) reconnaissance de la fonction de gouvernement (contre règne de l’expertise et de la « gouvernance »).
4)reconnaissance de la collectivité comme source de l’institution politique (contre naturalisme ou historicisme implicite des modernes).
5) pratiques d’autolimitation (contre « illusion constitutionnelle » et
fausse séparation des pouvoirs);
6) identification à la loi et à la cité (contre séparation entre État et société civile).
7)compréhension de l’origine sociale de l’individu (contre leurre d’un
individu-substance aux sources du contractualisme moderne).
8) visée du bien commun et de la formation d’individus éclairés (contre défense des intérêts et des droits particularistes).
9) ethos de franchise « brutale » (contre « duplicité instituée et idéologie »).
10) idéal de vertu civique (contre poursuite du bonheur privé);
11) reconnaissance de la mortalité comme élément central de la condition humaine (contre fantasme moderne d’immortalité)
12)appréhension de l’être comme chaos (contre « ontologie unitaire, donc presque fatalement théologique )

II 3 points de comparaison à l'avantage des modernes.

1)limitation de la participation civique aux adultes libres mâles, par exclusion totale des femmes, des esclaves et des étrangers (contre extension de la citoyennenté à toutes les classes de la société, étrangers exclus cependant)
2)limitation de l’activité politique instituante « en dehors du domaine strictement politique »,
par exemple concernant les institutions de la propriété, de la famille ou de l'esclavage ( contre extension de l'activité politique à l'ensemble des institutions de la société)
3) sur le plan externe la « limitation insurmontable de l’activité politique et démocratique  à la polis ( contre  « le grand apport des Temps modernes », qui est « que nous voulons la démocratie pour tous » à l'échelle planétaire).


Et, pour compléter, on peut se référer à cet interview de Castoriadis par C. Marker tiré du documentaire, L'héritage de la chouette à cette adresse: https://vimeo.com/128666476



lundi 13 septembre 2010

Méthode de la dissertation 1) Les principes: problématiser, conceptualiser, argumenter

1)Les principes de la dissertation:; problématiser, conceptualiser, argumenter.
a) Le sens de l’exercice de dissertation
En dehors de la question d’une épreuve de notation individuelle qui reste très discutable (cf.
le sketch de Lepage sur le système de la notation individuelle), on peut légitimement présenter l’exercice de dissertation comme un apprentissage du débat démocratique et, en ce sens, comme un élément important de l’apprentissage d’une culture politique.