Le jardin des délices. J. Bosch

vendredi 19 juin 2015

5-Le cocktail du populisme d'extrême droite

Dernière mise à jour, le 20-06-2019

Notions du programme en jeu: la politique, la société et l'Etat, la justice et le droit, la culture, le travail, la morale

L'extrême droite actuelle n'est évidemment plus ce qu'elle pouvait encore être jusqu'en 1945 avant la chute du gouvernement de Vichy qui constitue, comme on l'a vu, la dernière tentative de restauration de l'Ancien Régime. Comme le concluait Eugen Weber, au terme de son travail sur l'extrême droite française de la première moitié du XXème siècle, "le royalisme est mort et enterré [...] Le Pen aurait pu n'avoir jamais entendu parlé de l'Action Française." (E. Weber, L'Action Française, p. 629) Pour saisir pleinement la portée de cette remarque, il faut à nouveau mobiliser ici le concept de mouvement sinistrogyre (rotation vers la gauche) qui avait défini la dynamique du champ politique depuis la Révolution de 1789. Si on replace en imagination le parti de Le Pen dans le contexte du XIXème siècle, il aurait certainement paru comme un parti de centre-gauche, à tout le moins. Cela signifie donc que c'est la gauche qui a envahi la quasi totalité du champ politique aujourd'hui et que même ce que l'on considère comme l'extrême droite est issue de la même matrice intellectuelle et politique que la plupart des partis de gauche actuels:"En France, il existe deux partis de gauche dont l'un, par convention, s'appelle la droite." (bis repetita. M. Druon)
 Il faut quand même, il me semble, un peu nuancer cette mort proclamée de la droite originelle. En effet, même s'il n'est plus question, à part dans quelques sectes intégristes folkloriques, comme dans le cinquième arrondissement de Paris autour de l'Eglise de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, de rétablir le monarchie et le pouvoir de l'Eglise, l'actuelle populisme d'extrême droite n'en réactive pas moins certaines composantes essentielles de ce que fut autrefois l'emblème blanc de la nation, d'une façon évidemment nouvelle. On retiendra principalement de ce cocktail trois ingrédients qui seront complétés par quatre autres, moins centraux dans l'analyse ici: le nationalisme, l'antisémitisme (haine du juif), la sécurité et le patriarcat (domination des hommes sur les femmes) Avec ce tout, on aura faire un tour d'ensemble assez complet de la question...