Mise à jour, 03-06-2018
In memoriam Bertrand Russell (1872-1970)

« Il est réconfortant de savoir qu’un homme comme lui existe. Tant que lui et quelques autres de sa trempe seront en vie et en liberté, nous aurons l’assurance que subsistent dans le monde des îlots de santé mentale [...] En ces temps de panique et de mensonge universels, voilà un auteur dont la fréquentation est salutaire.» George Orwell.
Introduction.
Ici, pour rentrer dans le traitement du sujet, le plus simple était de voir que la thèse (oui, c’est le privilège de la science) est le fondement de la conception scientiste qui imprègne aujourd'hui nos sociétés à tel point qu'il n’est pas exagéré de dire que la science joue désormais la fonction qui était réservée autrefois à la religion (une illustration parmi d'autres, c'est dans l‘Expérience de Milgram visant à tester le degré de soumission des individus à l'autorité, la fonction de chef assumé par les scientifiques auquel obéit aveuglément la grande majorité des individus). Est scientiste, toute conception qui soutient qu’il n’y d’autre forme de connaissance recevable que celle que lui donne la science et donc que tout ce qui prétend produire des connaissances en dehors de la méthode scientifique doit être rejeté comme une pseudo (fausse) connaissance. Le sens de la question à traiter est alors de discuter du bien fondé de cette conception scientiste de la connaissance humaine. Partant de là la démarche pour traiter le problème peut être formulée simplement.
-Thèse: on commencera par se demander ce qui peut justifier la conception scientiste de la suprématie de la science dans le domaine de la connaissance.
-Critique: mais ne serait-il pas ruineux de réduire la connaissance au seul savoir scientifique ? L’art, l’éthique ou la morale, la politique, et, même, la religion (en tant qu'elle est une forme de connaissance qui a pour impulsion des affects qui ont trait à l'amour, par exemple, chez bon nombre de mystiques) ne mettent-ils pas en jeu des formes de connaissance différentes de celle de la science? Et poussons le bouchon assez loin: ne seraient-elles pas encore plus fondamentales?
-Synthèse: plusieurs pistes, comme toujours, s’ouvraient ici. On pouvait mettre l’accent sur la distinction science/scientisme en se demandant comment ne pas sacrifier la science avec l’eau du bain scientiste. Ou encore, en méditant sur le sens les évolutions les plus récentes de la science. Il s'est en effet produit un phénomène majeur qui est toujours en cours et que Russell avait déjà fort bien décrit à son époque. Il était à la fois un philosophe et un homme de science ( dans les mathématiques et la logique); donc, il était aux premières loges pour en parler. De plus en plus, l'évolution de la science a fait que l'impulsion liée à l'amour de la connaissance cherchant à explorer le monde a cédé du terrain à l'impulsion qui cherche à obtenir du pouvoir et à conquérir le monde; car, toute connaissance est le fruit de cette double impulsion. A partir de là, on pourra se demander si ce qui mérite d’être soumis à la critique la plus intransigeante, ce n’est pas la substitution de plus en complète, à l’époque actuelle, de la première par la seconde, qui pourrait bien faire, dans un avenir pas si lointain, de la science l'instrument de la domination totale, ce que Russell avait déjà envisagé à son époque?
In memoriam Bertrand Russell (1872-1970)

« Il est réconfortant de savoir qu’un homme comme lui existe. Tant que lui et quelques autres de sa trempe seront en vie et en liberté, nous aurons l’assurance que subsistent dans le monde des îlots de santé mentale [...] En ces temps de panique et de mensonge universels, voilà un auteur dont la fréquentation est salutaire.» George Orwell.
Introduction.
Ici, pour rentrer dans le traitement du sujet, le plus simple était de voir que la thèse (oui, c’est le privilège de la science) est le fondement de la conception scientiste qui imprègne aujourd'hui nos sociétés à tel point qu'il n’est pas exagéré de dire que la science joue désormais la fonction qui était réservée autrefois à la religion (une illustration parmi d'autres, c'est dans l‘Expérience de Milgram visant à tester le degré de soumission des individus à l'autorité, la fonction de chef assumé par les scientifiques auquel obéit aveuglément la grande majorité des individus). Est scientiste, toute conception qui soutient qu’il n’y d’autre forme de connaissance recevable que celle que lui donne la science et donc que tout ce qui prétend produire des connaissances en dehors de la méthode scientifique doit être rejeté comme une pseudo (fausse) connaissance. Le sens de la question à traiter est alors de discuter du bien fondé de cette conception scientiste de la connaissance humaine. Partant de là la démarche pour traiter le problème peut être formulée simplement.
-Thèse: on commencera par se demander ce qui peut justifier la conception scientiste de la suprématie de la science dans le domaine de la connaissance.
-Critique: mais ne serait-il pas ruineux de réduire la connaissance au seul savoir scientifique ? L’art, l’éthique ou la morale, la politique, et, même, la religion (en tant qu'elle est une forme de connaissance qui a pour impulsion des affects qui ont trait à l'amour, par exemple, chez bon nombre de mystiques) ne mettent-ils pas en jeu des formes de connaissance différentes de celle de la science? Et poussons le bouchon assez loin: ne seraient-elles pas encore plus fondamentales?
-Synthèse: plusieurs pistes, comme toujours, s’ouvraient ici. On pouvait mettre l’accent sur la distinction science/scientisme en se demandant comment ne pas sacrifier la science avec l’eau du bain scientiste. Ou encore, en méditant sur le sens les évolutions les plus récentes de la science. Il s'est en effet produit un phénomène majeur qui est toujours en cours et que Russell avait déjà fort bien décrit à son époque. Il était à la fois un philosophe et un homme de science ( dans les mathématiques et la logique); donc, il était aux premières loges pour en parler. De plus en plus, l'évolution de la science a fait que l'impulsion liée à l'amour de la connaissance cherchant à explorer le monde a cédé du terrain à l'impulsion qui cherche à obtenir du pouvoir et à conquérir le monde; car, toute connaissance est le fruit de cette double impulsion. A partir de là, on pourra se demander si ce qui mérite d’être soumis à la critique la plus intransigeante, ce n’est pas la substitution de plus en complète, à l’époque actuelle, de la première par la seconde, qui pourrait bien faire, dans un avenir pas si lointain, de la science l'instrument de la domination totale, ce que Russell avait déjà envisagé à son époque?