lundi 28 mars 2011

Le déroulement de l'histoire manifeste-t-il un progrès?

Introduction
Première équivoque à lever et qui concerne tous les sujets où intervient la notion d'histoire; en effet, celle-ci désigne à la fois l'objet de la connaissance, le passé de l'humanité et le sujet, la connaissance de ce passé, l'histoire en tant que récit s'efforçant de le reconstituer. Dans le contexte de ce sujet l'accent porte sur l'objet même si, inévitablement, il faudra prendre en compte aussi l'autre sens.
Tenant compte de cela,  l'enchaînement des faits historiques laisse-t-il paraître un progrès? Si oui,  quelles en sont les signes? Et  un progrès vers quoi? Et sinon est-ce pour autant que l'histoire est dépourvue de sens? Qu'elle est, selon les dires de Shakespeare, "une fable pleine de rage et de fureur, racontée par un idiot et qui ne signifie rien.... (Macbeth Acte 5 scène 5)?
Démarche pour traiter le problème. On pouvait partir de la philosophie de l'histoire universelle héritée de Hegel  qui prétend montrer qu'il existe un sens de l'histoire qui se réalise étape par étape et qui consiste en un progrès dans la réalisation de la liberté. Mais pour nous qui sommes les héritiers du XXème siècle un tel optimisme est-il encore de mise? Ce sujet étant évidemment fortement marqué historiquement, il était difficile, sans parler dans le vide, de ne pas tenir compte de l'effroyable héritage que nous a légué le XXème siècle qui est celui d'un déchaînement de la barbarie sur une échelle et avec une intensité jamais atteinte dans le reste de l'histoire connue:en quel sens Hiroshima pourrait manifester un progrès de l'histoire? Le goulag? La solution finale? Toute chose qui sont des créations singulières du XXème siècle. Mais, s'il ne nous est plus possible aujourd'hui de croire de façon naïvement optimiste en un progrès inéluctable des hommes, faut-il pour autant se résigner à l'absurdité de l'histoire et, par voie de conséquence, à l'absurdité de l'existence humaine?

mardi 15 mars 2011

Faut-il critiquer la démocratie?

Introduction
Il est de bon ton aujourd'hui, dans notre société, de tenir pour acquis que la démocratie est sinon le meilleur, du moins, le moins pire des régimes politiques qu'aient pu inventer les hommes. Pourtant, je pouvais commencer à problématiser la question de deux façons. D'abord, en constatant cet étonnant paradoxe, que la philosophie politique telle que Platon l'a fondé au IVème siècle avant J-C repose sur les bases d'une critique radicale de la démocratie qui la rejette comme étant l'une des pires formes de régime politique qu'on puisse concevoir! Ensuite, en mettant en question le caractère démocratique de notre propre société; si on faisait revenir un athénien du Vème siècle avant J-C dans notre société et qu'on lui présentait cela comme une démocratie nul doute qu'il nous regarderait avec des yeux interloqués! Sommes-nous donc si sûrs de savoir, au juste, ce qu'est une démocratie? Est-il bien exact de dire que nous vivons aujourd'hui dans une démocratie? N'est-ce pas ici aussi le lieu de faire une critique de la duplicité de nos sociétés occidentales qui se disent démocratiques alors, qu'en réalité, elles ressemblent bien d'avantage à des oligarchies (pouvoir détenu par une minorité économiquement et socialement favorisée)?