vendredi 28 juin 2019

1) Faut-il reconnaître des droits aux animaux? Aperçus des faillites successives de l'humanité

Mise à jour, 02-07-2019


"La vraie bonté de l'homme ne peut se manifester en toute pureté et en toute liberté qu'à l'égard de ceux qui ne représentent aucune force. Le véritable test moral de l'humanité (le plus radical, qui se situe à un niveau si profond qu'il échappe à notre regard), ce sont ses relations avec ceux qui sont à sa merci: les animaux. Et c'est ici que s'est produite la faillite fondamentale de l'homme, si fondamentale que toutes les autres en découlent." (Milan Kundera)


 Introduction
N'y allons pas par quatre chemins pour introduire ce sujet. J'ai eu l'occasion de diffuser dans certaines classes de terminale le documentaire de Shaun Monson, Earthlings, fruit de cinq années de travail, consacré aux traitements que nos sociétés industrielles réservent aux animaux, que ce soit dans les abattoirs, les laboratoires, les lieux d'élevage industriel, etc. Le résultat a été assez édifiant: certains élèves ont dû quitter la salle faute de pouvoir soutenir les images. Pour tout dire, j'ai dû le faire dans deux ou trois classes, tout au plus, pour une raison simple: il aurait été trop pénible, pour moi-même, de devoir m'infliger cette chose en boucle tous les ans: une véritable honte (la Vergogne aurait dit les Grecs anciens, qui ne rigolaient pas avec cette vertu cardinale pour eux, qui fait qu'il y a certaines choses que l'on ne peut pas se permettre) pour la très grande partie de l'humanité actuelle. S'il y a là une spécificité propre à l'humain, c'est déjà au sens où M. Twain, un autre écrivain, américain celui-là, en parlait et dont il n'y a pas de raison valable de se glorifier:"L'homme est le seul animal qui rougit - ou à des raisons de le faire." (Cité par F. de Waal, Sommes-nous trop "bêtes" pour comprendre l'intelligence des animaux?, p. 25)